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Gare du Midi : Le Gouvernement bruxellois appelle le fédéral à accueillir tous les demandeurs d’asile

Le Gouvernement bruxellois, réuni ce jeudi, s’engage pleinement, dans un cadre de coopération loyale avec le Gouvernement fédéral, à assurer la sécurité et la cohésion sociale sur son territoire. Il demande que les solutions concrètes et de coopération entre niveau de pouvoir développées dans le cadre du plan pour la Gare du Midi puissent être transposées à la Gare du Nord et aux stations de métro et leurs abords touchés par des situations similaires. Le gouvernement bruxellois appelle le Gouvernement fédéral à assurer l’accueil de tous les demandeurs d’asile conformément à la loi.

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Le Gouvernement bruxellois s’est réuni pour faire le point sur la coordination des actions visant à rétablir la sécurité et la tranquillité à la Gare du Midi, et sur la situation de certaines gares et stations de métro en Région de Bruxelles-Capitale.

Première métropole de Belgique et capitale, Bruxelles connait une situation socio-économique caractéristique, dont la dualité d’une ville grande productrice de richesse mais qui héberge des populations précarisées, concentrées dans certains quartiers, notamment autour des gares.  La Région bruxelloise et les communes assument leurs compétences pour faire face à cette réalité sociale.  Ainsi, le volet bruxellois du plan d’action actuellement en élaboration en ce qui concerne la situation de la Gare du Midi, est constitué également d’actions déjà en cours. Mais d’autres compétences institutionnelles doivent être mobilisées pour répondre aux problématiques de sans-abrisme et d’insécurité, à savoir celles du Gouvernement fédéral.

Le Gouvernement bruxellois s’inscrit donc pleinement dans le travail de coordination de toutes les compétences, entamé depuis peu.

Mais il s’inquiète particulièrement qu’au moment même où ce travail est mené, l’annonce soit faite de la fin de l’accueil des hommes seuls demandeurs d’asile par Fedasil. Cette décision, si elle était suivie d’effet, entraînerait immanquablement des conséquences lourdes pour Bruxelles.  La très grande majorité de ces personnes se concentre en effet à Bruxelles, du fait de la localisation unique des institutions d’enregistrement des demandes d’asile.

En effet, le Gouvernement bruxellois doit constater que depuis plusieurs années, la situation socio-sanitaire et la sécurité de plusieurs quartiers se dégradent du fait de facteurs sur lesquels n’a que peu de prise et compétence institutionnelle, notamment le trafic de drogue et la criminalité qui l’accompagne, ainsi que la présence de très nombreuses personnes sans abri, demandeuses d’asile ou sans titre de séjour. 

Le Gouvernement bruxellois n’a eu de cesse d’attirer l’attention des autorités fédérales sur cette question. Il rappelle notamment son courrier d’octobre 2021, consacré aux « difficultés que pose l’absence de prise en compte de la situation des personnes sans titre de séjour sur le territoire de la Région bruxelloise », adressé au Premier Ministre, à la Ministre de l’Intérieur, et au Secrétaire d’Etat à l’accueil des demandeurs d’asile.

Ce courrier se concluait ainsi :

Pour l’ensemble de ces raisons, le Gouvernement de la Région bruxelloise prie instamment le Gouvernement fédéral :

–          D’assurer l’accueil des arrivants, en les orientant vers des procédures de régularisation juridique de leur situation de séjour, en ce compris des itinéraires légaux pour l’accès au travail ; et notamment au sein d’un centre d’accueil et d’orientation à créer en Région bruxelloise ;

–          D’assurer une réponse plus rapide, et cohérente, aux demandes d’asile ;

–          De renforcer le personnel de la police fédérale dans et autour des gares qui accueillent un grand nombre des personnes sans-abris au sens large (sans abris, sans papier, migrants « en transit »), et ;

–          D’assurer la prise en charge financière des dépenses liées à l’hébergement et aux repas déjà consenties par la Région bruxelloise depuis 2019.

Le Gouvernement bruxellois est prêt, comme il l’a toujours été, à collaborer avec le Gouvernement fédéral dans cette approche.

Le Gouvernement Bruxellois constate que deux ans plus tard, les constats posés par ce courrier se sont aggravés et que les demandes d’action n’ont été suivies d’aucun effet, hormis la convention entre Fedasil et la Région bruxelloise pour la couverture de 1500 places d’accueil que Bruxelles avait, de fait, déjà assuré préalablement.

L’aggravation de la situation affecte gravement les habitants de Bruxelles, les navetteurs qui rejoignent Bruxelles pour travailler, et les visiteurs de Bruxelles.

Bruxelles est la capitale nationale, de la Région flamande et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et donc l’image du pays tout entier ; aucun pouvoir public belge ne devrait tolérer la dégradation des conditions de vie et de sécurité dans la capitale et particulièrement autour des portes d’entrée que sont les grandes gares. Le Gouvernement bruxellois consacre toutes ses ressources à l’amélioration de la qualité de vie sur son territoire. Il souhaite pouvoir collaborer pleinement avec le gouvernement fédéral et toutes les entités fédérées pour faire face ensemble aux enjeux de sécurité et de cohésion sociale sur son territoire, qui rejaillissent sur toute la Belgique.

Le Gouvernement Régional de Bruxelles-Capitale s’inscrit avec volontarisme et loyauté dans la conception du plan de coordination pour la sécurité et la viabilité de la Gare du Midi et demande au Gouvernement fédéral :

  • De transposer à la Gare du Nord et aux stations de métro et leurs abords touchés par des situations similaires les solutions et coopération développées ;
  • En particulier, que soit trouvée une solution assurant une réelle présence policière dans les stations de métro, que les effectifs insuffisants de la Police des Chemins de fer (SPC) ne permet pas d’assurer ;
  • De renforcer les moyens de la police judiciaire et du parquet pour lutter contre le trafic de drogue et la grande criminalité qui y est liée ;
  • De ne pas appliquer l’annonce de la décision du non-accueil des hommes seuls demandeurs d’asile et que tout soit mis en œuvre pour que tout demandeur d’asile reçoive l’aide matérielle, conformément aux obligations internationales de la Belgique et au droit belge et européen, et ce en recourant à la solidarité nationale par la mise en œuvre d’un plan de répartition nationale.