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5 questions à Constance Mathieu, Advisor en Numérique Responsable chez Paradigm

Dans un monde où l’innovation technologique avance à une vitesse folle, comment concilier performance numérique et responsabilités environnementale et sociétale ? Constance Mathieu, Advisor en Numérique Responsable chez Paradigm, accompagne les administrations bruxelloises vers un numérique plus éthique, durable et humain. Issue du monde de la transformation écologique, elle a fait du numérique un levier d’impact positif. Rencontre avec une femme engagée qui prouve que la tech peut aussi rimer avec conscience.

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  1. Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans le numérique responsable ?

Avant d’arriver chez Paradigm, je travaillais déjà sur les questions de transition écologique. Le numérique est venu s’y greffer assez naturellement :  il est incontournable dans tous les champs de nos existences, porteur d’opportunités mais aussi d’enjeux qu’on ne peut ignorer. Ce qui m’a plu, c’est cette idée de mettre la technologie au service du sens, d’interroger l'usage et le rapport au numérique, d'en faire un moteur de changement positif plutôt qu’un simple outil de performance.

  1. Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a mené à ton rôle actuel chez Paradigm ?

J’ai débuté ma carrière dans le secteur public où j’ai fait de la communication et du marketing. Puis, j’ai évolué vers des missions de consultance et d’accompagnement du changement pour des hôpitaux. Le secteur de la santé était en profonde transformation organisationnelle et les enjeux en termes d’accompagnement managérial, de qualité de vie au travail et d’organisation étaient majeurs. A la suite de cette expérience, je me suis formée aux questions environnementales et ensuite lancée comme consultante indépendante. J’ai collaboré avec des collectifs citoyens, et accompagné des projets variés dans des entreprises et des communes. Aujourd’hui, chez Paradigm, je retrouve ce même fil rouge : convaincre, faciliter le changement et aider à intégrer la durabilité et l’humain au cœur des préoccupations. Le numérique responsable, n’est pas qu’une affaire de solutions techniques ; c’est avant tout une histoire d’acculturation, de motivation et d’humain. C’est ce qui me motive. Et puis, travailler pour le service public, au service des citoyens, a toujours eu beaucoup de sens pour moi.

  1. Quelle est la réalisation dont tu es la plus fière ?

Je dirais le Kit de déploiement du Numérique Responsable. Même s’il reste encore du travail, c’est déjà une belle réussite. Ce kit, c’est un peu l’aboutissement d’un investissement collectif et la démonstration que ce qu’on apporte chez Paradigm, ce n'est pas seulement une expertise technique. Notre valeur ajoutée, c’est la méthode et la démarche globale : on prend en compte le changement dans toutes ses dimensions — les outils, les processus et aussi la dimension humaine. Pour moi, ce kit résume ce que nous savons faire : sensibiliser, expérimenter et concrétiser en écoutant les besoins du terrain. C’est ce mélange entre action très pratique et réflexion systémique qui me rend la plus fière.

  1. Quels sont les grands défis d’un numérique plus durable aujourd’hui ?

Le plus grand défi à mon sens, c’est la réflexivité. Apprendre à ne pas foncer tête baissée dans chaque nouvelle innovation, mais questionner la finalité et les impacts : environnementaux, sociaux et sociétaux, géopolitiques… Difficile d’avoir du recul face à la frénésie technologique et on a tendance à s’émerveiller devant chaque nouvelle innovation sans toujours évaluer ses conséquences. Heureusement, je sens que les choses évoluent : la prise de conscience grandit autour de l’empreinte du numérique et de sa face plus sombre la consommation énergétique galopante, notre dépendance vis à vis des géants du numérique et ses risques pour notre souveraineté, l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale ou la démocratie... Les citoyens comme les institutions commencent à réaliser que le numérique a une empreinte bien réelle — et qu’il faut agir dès maintenant.

  1. En tant que femme dans la tech, comment vis-tu ton parcours ? Quel message aimerais-tu transmettre ?

Dans le domaine du numérique responsable, il y a davantage de mixité que dans d’autres branches de la tech. Il m’est quand même arrivé d’animer des ateliers où j’étais la seule femme, ce qui surprend parfois. Cela me pousse à continuer de montrer qu’on peut trouver sa place dans la tech, même en venant d’un autre univers.

Mon message ? N’ayez pas peur de vous lancer. Le numérique ne doit pas être un espace réservé aux experts techniques. Avec de la curiosité et de la motivation, on peut apprendre, comprendre et contribuer. Et surtout, la diversité des parcours et des angles de vue est une richesse : elle fait progresser tout le monde.

 

Merci à Constance pour cet échange inspirant, qui montre qu’un numérique plus responsable ne se construit pas seulement avec des lignes de code, mais avec de la conviction, de l’écoute et une vraie vision de société.