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L’ancienne maison de l’architecte Louis Hoebeke de style moderniste à Berchem-Sainte-Agathe rejoint le Patrimoine classé bruxellois.

Ans Persoons Secrétaire d’État bruxelloise à l’Urbanisme et au Patrimoine annonce que le Gouvernement a validé sa proposition de classer comme monument la totalité́ de l’ancienne maison personnelle de l’architecte Louis Hoebeke sise rue Docteur Charles Leemans n° 20 à Berchem-Sainte-Agathe. Il s’agit ici d’un exemple remarquable d’architecture moderniste ludique dans l’une des communes du Nord de Bruxelles. Propriétaire et concepteur de la maison, Louis Hoebeke, travailla par ailleurs en 1954, en vue de l'exposition universelle de 1958, sur l'emblématique garage Citroën le long du canal, aujourd’hui en cours de transformation pour devenir le centre culturel Kanal-Centre Pompidou.

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« A Bruxelles, nombreux sont ceux qui considèrent le patrimoine moderniste et d’après-guerre comme des balafres urbaines, voire des horreurs qui n’ont aucun intérêt. Pour rappel, l’Art nouveau fut un temps tout autant déprécié, avec les conséquences que l’on connait. Ne commettons pas les même erreurs ! » déclare Ans Persoons, Secrétaire d’Etat bruxelloise à l’Urbanisme et au Patrimoine. « Je suis convaincue au contraire que ce patrimoine est un héritage unique illustratif de l’évolution de l’architecture et du bouleversement des modes de vies. L’architecture d’après-guerre, telle que cette maison de l’architecte Louis Hoebeke, est remarquable. Elle marque notre paysage et fait partie de l’identité de notre ville. C’est pourquoi nous la protégeons aujourd’hui pour les générations futures ».

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Concrètement, le classement comme monument concerne la maison d’angle construite en 1956 par l’architecte Louis Hoebeke comme habitation privée et bureau. Elle présente une haute valeur patrimoniale en raison de son intérêt historique, esthétique et artistique. Le périmètre de la zone de protection a été établie autour du bien en fonction de son implantation urbanistique : elle comprend l’intégralité de la parcelle du bien en lui-même ainsi que les façades des maisons voisines à partir desquelles il y a une vue directe sur le bien et dont les modifications pourraient en altérer les perspectives.

Pour rappel, la construction de cette maison s’inscrit dans le contexte historique particulier des Trente Glorieuses, période pleine d’optimisme où nait l’émergence d’un monde meilleur. Cette utopie s’exprime dans l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958 et se traduit dans l’architecture au travers d’une nouvelle esthétique, celle du modernisme ludique. Cette tendance s’inscrit dans la lignée des préceptes fonctionnalistes de l’entre-deux-guerres (sobriété, volumes strictement orthogonaux et épurés), tout en introduisant une volonté d’humanisation par l’usage de l’asymétrie, de formes énergiques et de couleurs. Ce style architectural, aussi appelé style Expo 58, sera toutefois éphémère et disparaitra au début des années 1960. Il connut néanmoins en Belgique une grande popularité.

La maison personnelle de l’architecte Hoebeke est dès lors un témoin particulièrement remarquable et représentatif de cette esthétique aux formes dynamiques, reflet de l’optimisme ambiant à l’époque. Elle réunit, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, toutes les caractéristiques architecturales de ce langage propre à la fin des années 1950, et témoigne de la maîtrise et du savoir-faire de son architecte : la combinaison intéressante et audacieuse de cubes superposés faits de matériaux et de couleurs différentes, l’usage de larges baies vitrées laissant entrer la lumière à profusion, le goût pour la pierre véritable et les matériaux à texture rustique qui égayent les volumes ou encore les escaliers qui, libérés de leur cage et des contre marches, s’ouvrent de manière presque aérienne sur les pièces sont autant d’éléments qui en témoignent.

Du côté extérieur, le traitement des façades situées au croisement de deux artères, sur une parcelle d’angle, participe à donner à la maison un caractère de repère visuel dans le paysage, qu’elle marque par son esthétique, tout en s’y intégrant parfaitement.

Le bien présente enfin le grand intérêt d’avoir conservé́ son authenticité puisque qu’il n’a subi que de très rares modifications, toutes réalisées dans le respect de ses caractéristiques architecturales essentielles (remplacement de la porte de garage, placement d’une nouvelle cuisine de type Cubex). Même le mobilier de bureau intégré ayant autrefois appartenu à l’architecte Hoebeke est toujours en place, témoin de l’affectation originelle du bien et de l’activité de son concepteur. La préservation de ce mobilier jusqu’à aujourd’hui renforce l’intérêt historique et artistique de cette maison historique.