5 questions à Sara Achcar, Head of EPMO, Performance & Process chez Paradigm
À la tête de l’EPMO, Performance & Process, Sara Achcar met son énergie et sa détermination au service de Paradigm. Véritable locomotive, elle insuffle une dynamique de transformation au cœur des projets stratégiques. Convaincue que la technologie n’a d’impact que si elle est portée par une vision claire et inclusive, elle avance avec audace et exigence.
Libanaise d’origine, engagée au-delà de ses fonctions dans des initiatives Women in Tech et entrepreneure dans l’âme, Sara incarne une génération de leaders qui conjuguent ambition professionnelle et engagement sociétal.
- Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans des fonctions liées à la performance et à la gestion de projets stratégiques ? Et concrètement, en quoi consiste aujourd’hui ton rôle et quels en sont les principaux enjeux ?
Ce qui m’a attirée, c’est ma passion pour structurer le chaos en performance mesurable et relever continuellement de nouveaux défis. Avec plus de 20 ans d’expérience, j'ai piloté très tôt la création de départements PMO, chaque mission apportant son lot de challenges et d’environnements différents. Ce renouveau constant est passionnant et stimulant.
Aujourd’hui, en tant que Head of EPP (EPMO, Processus et Performance), je dirige une équipe multidisciplinaire :
- L’EPMO veille à ce que les projets soient bien organisés, correctement suivis et alignés avec les priorités stratégiques de l’organisation.
- Le département Processus conçoit et améliore les processus métiers et IT, pour garantir efficacité et qualité.
- Le département Performance mesure et analyse les résultats via des indicateurs de performance (KPIs), pour identifier d’éventuelles pistes d’amélioration.
Les principaux enjeux sont de maintenir une collaboration fluide malgré les changements, d’assurer un delivery rapide et efficace, et d’offrir une visibilité claire à la direction.
- Le secteur technologique reste encore très masculin, notamment dans les fonctions stratégiques. Comment vis-tu ton expérience en tant que femme dans cet environnement ?
En effet, le secteur technologique reste encore très masculin, surtout dans les fonctions stratégiques. Personnellement, j’ai souvent évolué dans des environnements majoritairement masculins mais je m’y suis sentie à l’aise. Au début de ma carrière, il m’est arrivé d’être la seule femme autour de la table.
Bien sûr, il y a eu quelques situations dans lesquelles on me prenait pour la « midinette » du groupe et ma voix n’était pas toujours écoutée. Avec le recul, je me suis aperçue que ces moments m’ont appris à affirmer mes idées, à gagner en crédibilité et à laisser mes résultats parler pour moi.
Chez Paradigm, mon leadership repose sur l’intelligence collective : fédérer les équipes plutôt qu’entrer dans des logiques de confrontation. Dans des environnements IT complexes, cette approche crée de l’adhésion et permet réellement de connecter les équipes autour d’une vision commune. Mes forces reposent aussi sur l’authenticité et la compassion, traduites par une communication bienveillante et la volonté d’impliquer les équipes dans les décisions.
À un poste de responsabilité, il est aussi important de montrer, par l’exemple, que les femmes ont toute leur place dans les métiers technologiques et dans les rôles de décision. Mon expérience m’a appris qu’au-delà du genre, ce qui fait vraiment la différence reste la compétence, la capacité à fédérer la capacité à fédérer et à être porteur de sens.
- Ton parcours est particulièrement riche. Quelles étapes ou expériences t’ont menée jusqu’à ton rôle actuel chez Paradigm ?
Mon parcours est assez atypique : j’ai étudié la biologie médicale, la psychomotricité de la petite enfance et le marketing management — des domaines qui semblent éloignés de l’IT. Pourtant, c’est la combinaison de la biologie et du marketing qui m’a ouvert les portes de GlaxoSmithKline, il y a plus de vingt ans, dans l’IT Risk & Compliance.
Un projet interne lié au training a été un tournant : j’y ai participé concrètement à la conception et à la mise en place du département, un peu comme une « chenille ouvrière ». À la fin, on m’a proposé de travailler sur le PMO. Ma première réaction a été assez spontanée : « D’accord… mais c’est quoi exactement ? ». J’ai plongé avec curiosité et c’est devenu une vraie révélation : j’avais trouvé ma voie.
Ce métier m’a particulièrement séduite par sa variété et les interactions avec des profils très différents - équipes techniques, management, métiers, partenaires. Il exige de s’adapter aux personnalités, de traduire les enjeux et de créer des ponts entre les équipes. Pendant près de 9 ans, j’ai structuré les méthodes de gestion de projet et la gestion de portefeuille, développant ainsi une vision globale.
J’ai ensuite rejoint VOO, dans les télécommunications, comme leader PMO pendant cinq ans, en prenant également la responsabilité des équipes de gestionnaires de projets. Cette étape m’a permis de combiner structuration des méthodes et développement des équipes.
Il y a un peu plus de 8 ans, un chasseur de têtes m’a approchée pour rejoindre le CIRB, aujourd’hui Paradigm, où je suis Head of EPMO, Processus et Performance.
En parallèle, je suis indépendante à titre complémentaire et accompagne des PME dans la création et la structuration de leur PMO. Mon approche est de « leur apprendre à pêcher » : je leur transmets méthodes et outils pour qu’ils deviennent autonomes et performants, tout en donnant des formations pratiques pour renforcer durablement les compétences de leurs équipes.
- En parallèle de ton rôle chez Paradigm, tu es engagée dans des initiatives Women in Tech et dans l’accompagnement de femmes vers l’entrepreneuriat. D’où vient cet engagement et quel impact souhaites-tu avoir à travers ces initiatives ?
Cet engagement vient de mon parcours : j’ai dû « forcer des portes » dans l’IT et le PMO, souvent sans modèle féminin pour m’inspirer. Aujourd’hui, je veux transmettre mon savoir et accompagner d’autres femmes pour qu’elles réussissent dans la tech ou l’entrepreneuriat.
Concrètement, je fais du mentorat de startups féminines et je m’investis dans des initiatives inspirantes, pour aider les femmes à développer leurs compétences et réaliser pleinement leur potentiel.
Maman de deux filles de 14 et 16 ans, je souhaite aussi leur montrer que la persévérance, la confiance en soi et le leadership sont accessibles aux femmes, et que l’on peut concilier ambition professionnelle et vie personnelle.
- On te décrit souvent comme une « locomotive » qui fait avancer les projets et les équipes. Qu’est-ce qui te motive au quotidien ? Et quelle est ta vision pour l’avenir, chez Paradigm comme dans l’écosystème tech ?
Être décrite comme une locomotive reflète ma façon de travailler : je suis motivée par l’impact concret sur les projets, les équipes et l’organisation. Résoudre des défis complexes et aider les équipes à se dépasser, dans un environnement collaboratif et stimulant, me donne de l’énergie.
J’aime aussi la diversité des projets et des profils : s’adapter à différents métiers, personnalités et cultures organisationnelles est à la fois un défi et une source de motivation. J’aime voir comment des équipes avec des compétences et des expériences variées peuvent se connecter et produire un impact collectif.
Pour l’avenir, chez Paradigm, je souhaite renforcer la gouvernance, les processus et la performance, tout en accompagnant le développement des talents. Dans l’écosystème tech, je veux contribuer à un environnement où diversité, innovation et leadership inclusif sont des leviers majeurs pour la réussite.
Au fond, ce qui me motive, c’est de laisser une trace tangible : des équipes plus fortes, des projets réussis et un impact durable sur les personnes et les organisations avec lesquelles je travaille.
Merci à Sara pour cet échange inspirant. À travers son leadership chez Paradigm et son engagement en faveur des femmes dans la tech, elle contribue à faire évoluer les pratiques, les projets… et les mentalités.