Discrimination au logement
On parle de discrimination lorsqu’une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre personne sur la base d’un ou plusieurs critères protégés alors que ces deux personnes sont dans des situations comparables et qu’il n’y a pas de justification pertinente.
Interdiction de discriminer
Il est interdit de discriminer un candidat locataire ou un locataire sur base d’un ou plusieurs des critères suivants :
- sexe (auquel sont assimilés la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, la maternité, l'adoption, la procréation médicalement assistée, la transition médicale ou sociale, l'identité de genre, l'expression de genre, les caractéristiques sexuelles, la paternité, la comaternité, la copaternité, la coparentalité) ;
- prétendue race ;
- couleur de peau ;
- ascendance ;
- nationalité ;
- origine nationale ou ethnique ;
- origine et la condition sociales ;
- responsabilités familiales (en ce compris la monoparentalité) ;
- âge ;
- statut de séjour ;
- orientation sexuelle ;
- état civil ;
- naissance ;
- fortune ;
- conviction religieuse ou philosophique ;
- conviction politique ;
- conviction syndicale ;
- langue ;
- état de santé (passé, actuel ou futur) ;
- handicap ;
- caractéristique physique ou génétique.
L’interdiction de discriminer s’applique à toutes les étapes du processus de vente ou de location.
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Exemples de discrimination
Voici des exemples types de discrimination au logement :
- Un bailleur ou un agent immobilier vous a refusé un logement ou n’a pas donné suite à votre candidature pour un motif discriminatoire (voir ci-dessus les critères).
- Vous avez vu une annonce immobilière discriminatoire (ex : “CPAS s’abstenir”, “chômeurs s’abstenir”, “contrat de travail exigé”, “CDI exigé”, “logement réservé aux hommes/femmes, aux personnes sans enfants”, etc.) sur internet, dans le journal, sur une affiche, sur un réseau social, etc.
- En tant que candidat locataire, on vous a demandé de fournir des informations ou des documents qui excèdent ce qu’un bailleur peut demander.
- Après la conclusion du contrat de bail, rompre celui-ci car le couple de locataires est homosexuel ou que le locataire a une compagne d’origine étrangère, est considéré comme discriminatoire.
Que peut demander le bailleur ?
Le bailleur peut uniquement demander certaines informations limitativement énumérées à l’article 32 du Code bruxellois de l'égalité, de la non discrimination et de la promotion de la diversité :
- Avant la visite :
- le nom et le prénom du/des candidat(s) preneur(s) ;
- un moyen de communication avec le candidat preneur ;
- A l’appui de la candidature :
- le montant des ressources financières dont dispose le preneur ou son estimation ;
- le nombre de personnes qui composent le ménage ;
- en vue de la rédaction et de la conclusion du contrat de bail:
- tout document permettant d’attester l’identité du preneur et sa capacité de contracter ;
- l’état civil du preneur s’il est marié ou cohabitant légal.
Toutes informations ou tous documents qui ne figurent pas dans cette liste ne peuvent pas être demandés.
La Région met à disposition un formulaire de candidature standardisé déterminant les informations et les justificatifs qu’un bailleur est autorisé à demander au candidat locataire :
Plainte ou signalement
La plainte et le signalement ne sont pas définis par les textes légaux. Lorsque la demande émane d’une personne qui se considère comme victime d’une discrimination, on parlera de plainte. Lorsque la demande émane d’une personne qui a été témoin d’une possible discrimination, on parlera de signalement.
Le Code bruxellois de l'égalité, de la non-discrimination et de la promotion de la diversité n’impose pas de conditions sur l’auteur de la plainte ou du signalement. Toute personne, association ou tout service public peut donc introduire une plainte ou un signalement auprès de Bruxelles Logement. Et ce, même si l’auteur du signalement n’a fait que constater des faits sans en être victime, par exemple s’il a simplement constaté qu’une annonce était discriminatoire.
Après réception de la plainte ou du signalement, le dossier est analysé pour vérifier si les faits sont susceptibles de constituer une infraction de discrimination au logement. Des éléments complémentaires peuvent être demandés. Si les éléments fournis sont incomplets ou s’ils ne sont pas susceptibles de constituer une infraction relevant de la compétence de Bruxelles Logement, la plainte ou le signalement sera déclaré irrecevable.
Bruxelles Logement peut réaliser un test de discrimination si ce test est nécessaire pour établir l’existence de l’infraction.
Si une plainte ou un signalement est fondé, l’auteur de la discrimination pourra, après avoir été entendu, se voir imposer une amende de 125 à 6.200 €. Lorsque la discrimination est intentionnelle, l’amende pourra être appliquée autant de fois qu’il y a de personnes victimes de discrimination sans que son montant ne puisse excéder 20 000 €. Dans certains cas, il pourra même se voir imposer des sanctions pénales.
Bruxelles Logement ne pourra prononcer aucune mesure de compensation pour la victime, telle que des indemnités. Si vous souhaitez obtenir des informations sur les alternatives à la procédure de plainte auprès de Bruxelles Logement et notamment sur les possibilités de faire valoir vos droits en justice, nous vous invitons à contacter :
Base légale
- Ouvrir dans une nouvelle fenêtreCode bruxellois de l'égalité, de la non-discrimination et de la promotion de la diversité
- Ouvrir dans une nouvelle fenêtreArrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 21 mars 2019 portant exécution de l’ordonnance du 21 décembre 2018 modifiant le Code bruxellois du Logement afin de renforcer la lutte contre la discrimination dans l’accès au logement
- Ouvrir dans une nouvelle fenêtreArrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 15 juin 2023 modifiant l’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 21 mars 2019 portant exécution de l’ordonnance du 21 décembre 2018 modifiant le Code bruxellois du Logement afin de renforcer la lutte contre la discrimination dans l’accès à un logement
- Ouvrir dans une nouvelle fenêtreArrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 15 juin 2023 instaurant un document standardisé reprenant les informations pouvant être requises par le bailleur, en exécution de l’article 200ter, § 2, du Code bruxellois du Logement